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Fasciites nécrosantes d’où viennent les streptocoques dans cette infection grave de la peau ?

dermatose infectieuse

Les fasciites nécrosantes sont des infections cutanées rapidement progressives, atteignant les couches profondes de la peau et pouvant atteindre aponévroses musculaires et muscles

Une bourse de Master 2 financée avec le soutien du laboratoire Novartis
Après sélection indépendante par le comité des bourses de la SFD

Fasciite nécrosantes : d’où viennent les streptocoques dans cette infection grave de la peau ?

Floriane KOUBY est interne de dermatologie en dernière année et s’intéresse particulièrement aux infections cutanées comme dans ce travail de Master 2, qu’elle va réaliser sur les fasciites nécrosantes dans le service de Bactériologie de l’Hôpital Henri Mondor en lien avec le service de Dermatologie.

Les fasciites nécrosantes sont des infections cutanées rapidement progressives, atteignant les couches profondes de la peau et pouvant atteindre aponévroses musculaires etmuscles. Les bactéries les plus fréquemment responsables sont les streptocoques.

Le risque de développer une infection grave liée à cette bactérie est augmenté dans l’entourage d’un patient de 20 à 200 fois par rapport à population générale. 20% des enfants et 5% des adultes ont un portage chronique de streptocoque dans la gorge alors qu’il n’y a pas de symptômes. Notre hypothèse est que ce portage de bactérie pourrait être à l’origine de certaines fasciites nécrosantes, en passant de la gorge dans le sang et en se fixant sur un muscle traumatisé (après un coup alors qu il n’y a pas eu de blessure ouverte de la peau).

Le but de ce projet, réalisé à l’hôpital Henri Mondor de janvier 2018 à juin 2019, est d’étudier le rôle des streptocoques et leur origine chez les patients ayant une fasciite nécrosante.

Fasciite Nécrosante

Nous étudierons tous les patients ayant une fasciite pendant cette période, ainsi que leur entourage et une population « comparative » de patients atteints d’érysipèle, qui est une infection cutanée plus superficielle et non grave.

Des prélèvements seront réalisés, au niveau de la gorge, du périnée et de l’anus pour rechercher du streptocoque. Nous comparerons aussi le type de streptocoque, afin de savoir si certains facteurs de virulence (agressivité de la bactérie) sont plus souvent retrouvés en cas de fasciite.

Cette étude des patients et de leur entourage permettra de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans les fasciites nécrosantes et à l’avenir d’élaborer des stratégies de prévention.

ACTUALISATION OCTOBRE 2019

Le sujet initial, que j'avais présenté lors de la demande de bourse concernait le rôle et l'origine des streptocoques béta-hémolytiques au cours des fasciites mono ou pluri-microbiennes. Il s'agissait de l'étude du portage chez les patients et leur entourage. Cependant, un faible nombre de patients inclus (3 au total sur l'année) et un long délai pour les accords administratifs ne m’ont pas permis de réaliser ce projet cette année. Nous poursuivons actuellement l'inclusion des patients dans cette étude initialement prévue et à laquelle je participerai activement

Pour cette année, j’ai donc réorienté mon travail de recherche sur la prévalence et la caractérisation des streptocoques béta-hémolytiques responsables des fasciites nécrosantes. Les résultats de ce travail « Apport des PCR ciblées et de la métagénomique 16S pour les streptocoques béta-hémolytiques dans les dermohypodermites bactériennes nécrosantes-fasciites nécrosantes » seront présentés aux Journées Dermatologiques de Paris en décembre 2019.

Les fasciites nécrosantes sont des infections cutanées rapidement progressives, atteignant les couches profondes de la peau et pouvant atteindre l’aponévrose musculaire et le muscle. Les bactéries les plus fréquemment responsables sont les streptocoques.

Nos objectifs étaient :

  • De comparer les résultats de la culture, examen habituellement utilisé pour identifier les streptocoques, à celui des PCR, autre technique plus rarement utilisée afin de déterminer si celle-ci est meilleure ;
  • De déterminer si certaines fasciites nécrosantes étaient uniquement liées au streptocoque, donc monomicrobienne (= une seule bactérie), à l’aide de la méthode de métagénomique, c’est-à-dire l'étude du contenu génétique des échantillons.
  • D’étudier les gènes des streptocoques présents afin d’observer leur similitudes ou différences et si certains sont associés à une virulence particulière.

Nos résultats :

  • 94 patients avec une fasciite nécrosante ont été inclus : 31 avaient un prélèvement positif en culture à streptocoque et 39 avaient un prélèvement positif en PCR.
  • 15 patients avaient une culture monomicrobienne à streptocoque, 14 sur les 15 patients avaient un prélèvement monomicrobien en métagénomique.

Les souches de streptocoques étaient très différentes les unes des autres.

Nos conclusions :

Dans cette étude utilisant plusieurs méthodes pour étudier les streptocoques au sein des fasciites nécrosantes, la PCR était une technique plus efficace que la culture, méthode habituellement utilisée. Le caractère monomicrobien (streptocoque seul) des fasciites d’après la culture a été confirmé par la métagénomique.

APHP Henri Mondor

Fiche du projet

Porteur du projet Floriane KOUBY
Sponsor Novartis
Thématique Dermatose infectieuse
Structure(s) de recherche

Situation (Ville) Créteil
Mise à jour le 2018-08-30 15:18:37

Soutien

Novartis

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